Mi-Mouche – Tome 2 : Duels au collège de Véro Cazot, Carole Maurel — Dupuis
Mi-Mouche – Tome 2 : Duels au collège
Texte : Véro Cazot • Illustrations : Carole MaurelÉditeur : Dupuis
BD jeunesse
Dès 9 ans
Boxe • collège • émotions
Il y a des bandes dessinées jeunesse qui avancent à hauteur d’enfant sans jamais simplifier ce qui se joue vraiment en elles. Mi-Mouche fait partie de celles-là. Avec ce deuxième tome, Véro Cazot et Carole Maurel retrouvent Colette dans un moment de vie nettement plus tendu, plus exposé aussi, où le goût de la boxe se heurte de front aux règles des adultes, à la cruauté du groupe et au besoin, toujours brûlant, de trouver enfin un endroit où se sentir vivante.
Le point de départ est fort. Colette est punie par sa mère pour avoir caché qu’elle faisait de la boxe. Son ancien meilleur ami l’a trahie. Au collège, les moqueries continuent, alimentées par sa petite taille et sa fragilité apparente. Et c’est justement dans cette faille qu’un étrange marché se glisse : Astrid, qui la persécute depuis longtemps, lui propose d’arrêter de l’embêter si elle accepte de participer à des combats clandestins dans la salle de sport de l’établissement.
Tout l’intérêt de l’album tient dans cette tension. D’un côté, il y a quelque chose de très grisant dans le retour aux gants, dans la sensation physique, dans cette énergie que Colette retrouve dès qu’elle peut boxer. De l’autre, il y a le danger, la manipulation, la solitude. Le récit joue très bien sur cette ligne de crête. Vous n’êtes jamais dans une simple BD de sport, ni dans un récit à message. La boxe devient ici un lieu intime, presque vital, où s’expriment à la fois la colère, le besoin d’exister et la tentative de reprendre la main sur une vie souvent subie.
Ce qui frappe, c’est la justesse du personnage principal. Colette n’est ni héroïsée ni réduite à sa vulnérabilité. Elle avance comme beaucoup d’enfants avancent : avec des élans, des maladresses, des contradictions, des choix pas toujours raisonnables. Cette complexité donne à l’album une vraie densité émotionnelle. Le tome 2 semble même gagner en intensité, parce qu’il place son héroïne dans un espace où elle doit affronter à la fois les autres et ce qui s’agite en elle.
Le dessin de Carole Maurel accompagne merveilleusement cette dynamique. Son trait garde une grande souplesse, beaucoup de mouvement, mais aussi une vraie finesse dans les expressions. Les visages disent énormément. Les postures aussi. On sent très vite les rapports de force, les hésitations, les humiliations, les moments d’élan. Cette lisibilité rend la lecture très fluide, tout en laissant place à une belle charge affective.
Cette bande dessinée a aussi le mérite de ne pas enfermer son sujet dans une seule tonalité. Oui, il est question de harcèlement, de trahison, de conflit familial, d’une enfant à la marge. Mais la série conserve une part d’humour, de vivacité, de relief. C’est probablement ce mélange qui la rend si attachante. Mi-Mouche n’écrase jamais son jeune lectorat sous la gravité. Elle lui fait confiance. Elle montre que l’on peut parler de choses dures sans perdre la pulsation du récit ni le plaisir de lecture.
Pour la médiation, ce tome est particulièrement intéressant. Il permet d’aborder la place du corps, le rapport au regard des autres, les violences ordinaires du collège, mais aussi la fonction réparatrice d’une passion. Il peut toucher des lecteurs qui aiment le sport, bien sûr, mais aussi ceux qui cherchent des héroïnes moins lisses, plus cabossées, plus vraies. Colette n’est pas une championne triomphante. Elle est une enfant qui cherche comment tenir debout. Et c’est précisément pour cela qu’elle marque.
Avec Duels au collège, la série confirme ce qui faisait déjà sa force : une manière très sensible de mêler récit intime, énergie narrative et émotion. Une BD jeunesse qui parle de combat au sens propre, mais surtout au sens intérieur. Et qui le fait avec beaucoup d’intelligence.
Émotion
Tension
Réflexion
Le petit truc Croqu’livre
Proposez cette BD avec une sélection autour du sport comme espace d’émancipation. Le parallèle entre activité physique, confiance en soi et expression des émotions fonctionne très bien avec les jeunes lecteurs.
Proposez cette BD avec une sélection autour du sport comme espace d’émancipation. Le parallèle entre activité physique, confiance en soi et expression des émotions fonctionne très bien avec les jeunes lecteurs.
Pour les professionnels
Un excellent support pour ouvrir des échanges sur le harcèlement, la pression du groupe, le rapport au corps et la manière dont une passion peut devenir un appui essentiel. La BD trouve facilement sa place en CDI, en médiathèque ou dans un travail autour des émotions et de la résilience.
Un excellent support pour ouvrir des échanges sur le harcèlement, la pression du groupe, le rapport au corps et la manière dont une passion peut devenir un appui essentiel. La BD trouve facilement sa place en CDI, en médiathèque ou dans un travail autour des émotions et de la résilience.
Recommandation Croqu’livre
Un deuxième tome plus tendu, plus frontal, mais toujours très accessible, qui confirme la richesse de la série. À mettre entre les mains des lecteurs qui aiment les héroïnes sensibles, les récits de collège et les histoires où le sport devient un vrai langage intérieur.
Un deuxième tome plus tendu, plus frontal, mais toujours très accessible, qui confirme la richesse de la série. À mettre entre les mains des lecteurs qui aiment les héroïnes sensibles, les récits de collège et les histoires où le sport devient un vrai langage intérieur.
Mots-clés
bande dessinée jeunesse • boxe • collège • harcèlement • émotions • résilience • estime de soi • héroïne sensible
bande dessinée jeunesse • boxe • collège • harcèlement • émotions • résilience • estime de soi • héroïne sensible
Un tome 2 intense et touchant, où la boxe devient autant un combat physique qu’un chemin pour se reconstruire.