Nom d’une pipe ! de Jacques Goldstyn, La Pastèque
Nom d’une pipe !
Il y a des albums qui parlent du deuil sans appuyer, presque à pas feutrés. Celui-ci semble choisir ce chemin-là. Dans Nom d’une pipe !, Jacques Goldstyn raconte le lien très fort entre Marine et sa grand-mère. Une grand-mère singulière, vive, inoubliable, avec ses habitudes bien à elle, sa pipe, ses petits rituels, ses phrases, sa présence. Ce que l’album saisit très bien, c’est la manière dont une relation continue d’exister à travers les souvenirs. Une odeur, un geste, un objet, une envie d’imiter… et tout revient. On comprend alors que ce qui se joue ici dépasse la simple scène familiale : il est aussi question de ce qui reste quand quelqu’un n’est plus là. J’aime beaucoup cette façon de passer par les détails du quotidien. Jacques Goldstyn ne cherche pas l’effet. Il construit au contraire une émotion douce, à partir d’une complicité très concrète entre une petite-fille et sa grand-mère. L’album garde aussi quelque chose d’espiègle. Cette légèreté compte beaucoup, parce qu’elle évite d’alourdir le propos. On reste dans la tendresse, dans la mémoire vive, dans ce lien qui continue malgré l’absence. Un album délicat sur le deuil, les souvenirs et tout ce qu’une relation laisse derrière elle quand elle a compté très fort.
Le petit truc Croqu’livre
Après lecture, proposer aux enfants de nommer un objet, une odeur ou une habitude qui leur fait penser à quelqu’un qu’ils aiment. Une médiation simple, très juste avec cet album.
Pour les professionnels
Un support précieux pour aborder le deuil avec retenue, en passant par la mémoire affective, les rituels et la présence qui continue dans les souvenirs.
Recommandation Croqu’livre
À proposer pour parler de l’absence sans lourdeur, avec un album qui préfère la tendresse, l’humour et les traces laissées par ceux qu’on aime.
Mots-clés
nom d’une pipe, jacques goldstyn, la pastèque, deuil, grand-mère, souvenirs, transmission, album jeunesse.
Un album tendre et subtil sur le deuil, où les souvenirs deviennent une manière de garder vivants ceux qu’on aime.