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Julia la seule de David Boriau, Yuna Park — Dupuis.

Couverture du livre

Julia la seule

BD fantastique jeunesse Dès 9 ans Lycée • pouvoirs • fantômes
David Boriau scénario Yuna Park dessin & couleurs Dupuis
Arriver dans un nouvel établissement est déjà, en soi, toute une aventure. Mais quand on débarque avec un passé trouble, une solitude tenace et des pouvoirs que l’on préfère taire, les choses prennent une toute autre dimension. Avec Julia la seule, David Boriau et Yuna Park signent une bande dessinée qui joue avec les codes du fantastique adolescent tout en gardant le regard braqué sur ce qui fait le sel de cet âge : le besoin d’appartenir à un groupe, la difficulté de se laisser approcher, et cette sensation d’être parfois radicalement différente des autres. Le point de départ est très accrocheur. Julia arrive dans un nouveau lycée avec, derrière elle, une histoire déjà lourde. Orpheline, installée dans un manoir, entourée de mystères qu’elle ne maîtrise pas complètement, elle attire autant qu’elle intrigue. Le décor est posé en quelques pages : une héroïne à part, un établissement où il faut trouver sa place, des camarades qui oscillent entre curiosité, rejet et fascination, et, en arrière-plan, une étrangeté qui ne demande qu’à s’imposer. Ce qui fonctionne bien ici, c’est l’équilibre entre plusieurs registres. Il y a d’abord le récit d’intégration, avec ses alliances fragiles, ses rivalités, ses regards qui jugent très vite. Il y a aussi la veine fantastique, qui installe une tension douce sans basculer dans quelque chose de trop sombre pour le jeune lectorat. Et puis il y a cette dimension plus émotionnelle, liée à la solitude de Julia, à son passé et à ce qui la rend insaisissable. Le livre avance ainsi sur plusieurs lignes à la fois, ce qui nourrit constamment l’intérêt. L’univers graphique de Yuna Park apporte beaucoup au projet. Le dessin possède une fraîcheur très lisible, avec des personnages expressifs, des visages qui racontent beaucoup, et une ambiance visuelle qui épouse parfaitement le mélange de quotidien scolaire et d’étrangeté surnaturelle. Il y a dans cette esthétique quelque chose qui peut parler à des lecteurs situés à la croisée des codes franco-belges et d’une sensibilité plus proche du manga ou de l’animation contemporaine. L’ensemble reste fluide, séduisant, très accessible. Le scénario de David Boriau, de son côté, mise sur l’efficacité. L’album se lit vite, mais il ne donne pas l’impression de survoler ses personnages. Julia reste au centre, bien sûr, mais ceux qui gravitent autour d’elle ont eux aussi une vraie présence. Le récit sait poser des silhouettes assez nettes pour que les jeunes lecteurs s’y repèrent et aient envie de poursuivre. Ce qui rend la lecture intéressante en médiation, c’est que la BD peut être abordée par plusieurs portes d’entrée. Certains y viendront pour le mystère et les pouvoirs. D’autres pour l’atmosphère de lycée, les relations entre adolescents, ou encore le manoir, qui donne au récit une couleur presque gothique par moments. Et derrière cela, on peut aussi parler d’identité, de secret, de deuil, de regard des autres, sans jamais forcer le trait. On apprécie aussi que Julia la seule ne se contente pas d’empiler les effets fantastiques. Le surnaturel y agit comme un révélateur. Il ne remplace pas les émotions : il les amplifie. Il rend visible ce que l’adolescence contient déjà de trouble, de peur, d’élan, de désir de lien. C’est sans doute ce qui donne à l’album son petit relief supplémentaire. Au final, cette BD propose une lecture accrocheuse, visuellement très séduisante, qui devrait facilement trouver son public chez les lecteurs et lectrices amateurs d’histoires fantastiques, de mystères et de personnages adolescents un peu en marge. Une entrée efficace dans un univers qui mêle étrangeté, émotion et plaisir de lecture.

Mystère

Émotion

Plaisir de lecture

Le petit truc Croqu’livre

Proposez cette BD avec une sélection autour des héroïnes mystérieuses, des internats, des manoirs et des mondes surnaturels. L’entrée par l’ambiance fonctionne très bien avec les jeunes lecteurs.
Pour les professionnels

Un bon support pour attirer des lecteurs de collège vers la BD grâce à un mélange efficace de fantastique, de vie scolaire et d’émotions adolescentes. L’album peut aussi nourrir des échanges sur la différence, le secret et la place que l’on cherche parmi les autres.
Recommandation Croqu’livre

Une BD fantastique accessible et prenante, idéale pour les jeunes lecteurs qui aiment les récits d’étrangeté, les personnages solitaires et les histoires où le surnaturel vient troubler le quotidien.
Mots-clés

bande dessinée jeunesse • fantastique • lycée • pouvoirs surnaturels • manoir • fantômes • adolescence • mystère

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